
La rue où vous vous trouvez, la Keistraat, semble aujourd’hui tout à fait ordinaire. Mais au début des années 1940, elle était tout sauf cela. C’est ici que travaillait Marcel Louette en tant qu’enseignant, un homme qui refusait de considérer l’occupation comme la nouvelle norme.
Né en 1907 et connu sous son pseudonyme de résistant « Fidelio », Louette s’est mis au travail presque immédiatement après l’arrivée des Allemands en juin 1940. Partant d’un mouvement de jeunesse libéral appelé la Jonge Geuzenwacht, il a construit un réseau qui a fini par devenir la Brigade Blanche-Fidelio, comptant des milliers de membres répartis à travers la Flandre et la Wallonie.
La brigade faisait tout ce que les occupants redoutaient le plus. Elle imprimait et distribuait des journaux clandestins, recueillait des renseignements sur le port d’Anvers, hébergeait des Juifs, des insoumis et des pilotes alliés, et menait des missions de sabotage avec une précision discrète.
À l’été 1942, Louette dut lui-même entrer dans la clandestinité. Il fut finalement arrêté en mai 1944 et traîné dans certains des pires endroits que le régime nazi avait à offrir, de Breendonk à Sachsenhausen. Il survécut, fut libéré en avril 1945 et passa des mois à se remettre avant de consacrer sa vie d’après-guerre à soutenir ses compagnons de la Résistance.
Pour un homme dont le pseudonyme signifiait « fidèle », il a su faire honneur à ce nom.
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