
Regardez autour de vous. Les rues de Sint-Andries recèlent plus de facettes qu’on ne pourrait s’y attendre dans un quartier tranquille situé à deux pas du Grand Marché d’Anvers. Au XIXe siècle, c’était l’un des quartiers populaires les plus densément peuplés de la ville.
Les écrivains décrivaient ses habitants comme des dockers, des marchands ambulants, des coursiers et des artisans, des gens qui construisaient leur vie autour du port voisin. Des familles de dix personnes ou plus s'entassaient dans une seule pièce, dans des maisons délabrées et insalubres. Et pourtant, les voisins connaissaient les joies et les peines les uns des autres, comme dans une grande famille chaotique. Deux rues voisines portaient autrefois les noms remarquables de « Rue Rich Beukelaer » et « Rue Poor Beukelaer ».
La rue des pauvres a finalement été rebaptisée Franckenstraat, en l'honneur de la célèbre famille de peintres Francken qui s'était installée ici en provenance de Herentals. La Rich Beukelaer Street a survécu, avec son tracé sinueux et ses façades traditionnelles encore intacts aujourd'hui. Les ruelles les plus sombres du quartier portaient des noms tout aussi évocateurs. La Lepelstraat a eu une réputation notoirement mauvaise pendant des siècles, ce qui a incité les autorités à y ajouter le nom « Willem » en 1958 pour adoucir son image.
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