
Aujourd'hui, monter sur le Stadswaag, c'est entrer dans l'histoire. En quinze quarante-huit, l'urbaniste Gilbert van Schoonbeke y construisit un nouveau pesage, au cœur d'une place qu'il avait lui-même dessinée. En quinze quarante-sept, il avait acheté le terrain à la ville, y compris un arsenal, une maison de charpentier et un ancien dépôt appelé « de houten Eeckhof ». Tout a été démoli. Il s'ensuivit un grand bâtiment où les marchandises étaient pesées et taxées : le Nieuwe Waag.
Le waag a apporté une énergie économique au quartier. Les marchands arrivent et construisent des entrepôts autour de la place. Le pesage avait lieu au rez-de-chaussée, tandis que les étages supérieurs, richement décorés, étaient loués pour des mariages et des banquets. Dans l'Anvers du XVIe siècle, à l'apogée de sa richesse, il y avait une forte demande pour de grandes salles de réception.
Le pesage a fini par perdre sa fonction initiale. En 1648, l'étage supérieur devint un centre de formation chirurgicale, puis un tribunal civil. En dix-huit mille dix-neuf, la ville vendit le bâtiment, qui devint un entrepôt. Mais le sort s'acharne : en 1870, la foudre s'abat sur le waag, qui brûle entièrement. Seul un mur a survécu, celui où se trouve la statue de la Madone. La ville transforma le site en place publique.
Le vingtième siècle a également laissé des traces. En 1914, un zeppelin a bombardé la place. Dans les années soixante, le Stadswaag est devenu un lieu de création, connu pour ses cafés de jazz et son théâtre. Aujourd'hui encore, la place se fait l'écho d'un passé riche et varié.
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