
Sans l'Escaut, Anvers ne serait jamais devenu un port mondial. Depuis le Moyen Âge, les navires y accostent et la croissance de la ville doit beaucoup à ce large fleuve à marée. Au XIXe siècle, l'Escaut a pris une forme plus fixe : la construction de murs de quai a rendu la transition entre l'eau et la ville plus sûre, plus stable et mieux adaptée aux navires de commerce de plus en plus grands.
Les premiers murs de quai en pierre sont apparus en dix-huit dix-neuf, et à partir de dix-huit trente-sept, l'ensemble des berges a été renforcé avec de la pierre bleue. Ces travaux changent à jamais le visage de la ville : les anciennes voies d'eau sont comblées, les murs médiévaux disparaissent et un nouveau lien entre la ville et le fleuve apparaît. Au fil du temps, d'autres quais ont été ajoutés, souvent nommés en l'honneur de cartographes ou de personnages historiques, tels qu'Ortelius et Plantin.
Le fleuve est resté vital. L'Escaut servait d'autoroute vers la mer et l'arrière-pays. En 1863, les péages ont été supprimés, ce qui a donné un coup de fouet à l'économie anversoise. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sa valeur stratégique a refait surface, les troupes alliées se battant pour rouvrir l'accès au port via le fleuve.
Aujourd'hui, la zone des quais n'est plus seulement fonctionnelle. Depuis vingt-deux ans, un réaménagement majeur vise à reconnecter la ville à l'eau : avec de larges promenades, des sièges, des installations artistiques et des espaces ouverts. Mais l'Escaut reste ce qu'il a toujours été : le courant qui fait vivre Anvers.
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