
Nous nous trouvons sur le pont de l'Alma, un pont qui relie non seulement les deux rives de la Seine, mais qui porte également le souvenir d'un lointain champ de bataille. Le pont a été construit en 1856 sous Napoléon III et nommé d'après la bataille de l'Alma, la première grande victoire de la coalition franco-britannique-ottomane sur la Russie pendant la guerre de Crimée en 1854.
La bataille de l'Alma s'est déroulée le 20 septembre 1854, le long de la rivière Alma, en Crimée. Les troupes françaises et britanniques avaient débarqué quelques jours plus tôt sur la péninsule et avancé vers Sébastopol. Les Russes occupaient des positions défensives solides sur les collines bordant la rivière, mais les Français les ont contournés par des falaises abruptes. Les Britanniques attaquèrent ensuite un autre secteur, forçant finalement les Russes à battre en retraite. Ce fut une victoire sanglante, qui fit des milliers de morts, mais elle ouvrit la voie vers Sébastopol.
Le pont d'origine était orné de quatre grandes statues représentant chacune un soldat de cette guerre : un grenadier, un fantassin, un artilleur et le célèbre zouave, reconnaissable à son pantalon bouffant et à son fez. Au fil du temps, les Parisiens ont attribué au zouave un rôle civique particulier. Lorsque la Seine montait, ils utilisaient la statue pour mesurer le niveau de l'eau : si l'eau arrivait à ses pieds, l'inondation était mineure, à sa taille, elle était grave, et lors de la crue catastrophique de 1910, elle a atteint ses épaules.
Le pont actuel a été reconstruit en 1974 dans un style moderne, mais la statue du Zouave a été conservée et réinstallée ici, restant un témoin silencieux à la fois de la mémoire militaire et des humeurs du fleuve.
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