
Nous nous trouvons à Ménilmontant, un quartier ouvrier situé sur la butte du XXe arrondissement, qui fut autrefois le cœur brûlant de la Commune de Paris. Après la défaite de la France lors de la guerre franco-prussienne de 1870, l'indignation gronde parmi les ouvriers et les membres radicaux de la Garde nationale. Le 18 mars 1871, lorsqu'on tente de retirer les canons de Montmartre, les habitants et la Garde résistent : deux généraux sont tués et la Commune prend le pouvoir à Paris.
Ménilmontant joua un rôle central : la Commune installa son quartier général dans ce quartier et organisa la défense autour de Belleville et Ménilmontant contre les troupes de Versailles. De violents combats de rue se poursuivirent jusqu'à la semaine sanglante, du 21 au 28 mai, en particulier près du Père Lachaise. Les barricades et les puits de mine désaffectés de la région opposèrent une résistance acharnée.
La Commune gouverna brièvement Paris du 18 mars au 28 mai 1871, formée d'une coalition de blanquistes, de jacobins, de proudhoniens et de militantes féministes. Son programme comprenait la remise des loyers, la gratuité de l'enseignement public, la saisie des logements et des usines abandonnés, l'abolition du travail des enfants et la séparation de l'Église et de l'État. Des femmes comme Louise Michel et Elisabeth Dmitrieff jouèrent un rôle de premier plan.
La répression fut brutale : au cours de la semaine sanglante, des milliers de personnes ont trouvé la mort et des dizaines de milliers ont été arrêtées ; beaucoup ont été exécutées ou exilées. Ménilmontant reste dans les mémoires comme un symbole de courage et d'idéalisme.
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