
La Madeleine ne ressemble en rien à une église, et c’était tout à fait voulu. Louis XV en a commandé la construction en 1757, mais les travaux ont été interrompus pendant la Révolution, puis Napoléon a décidé qu’il voulait plutôt un temple glorifiant sa Grande Armée. Ce projet a lui aussi été abandonné. Le bâtiment a finalement ouvert ses portes en 1842, soit 85 ans après la pose de la première pierre.
À l'intérieur, on découvre une longue nef unique éclairée par trois coupoles dissimulées au-dessus de nos têtes. La lumière est douce et diffuse, attirant le regard vers l'autel et sa sculpture spectaculaire représentant Marie-Madeleine en ascension. La coupole du chœur est ornée d'une fresque grandiose de Jules-Claude Ziegler retraçant toute l'histoire du christianisme en peinture.
Les funérailles de Frédéric Chopin s'y sont déroulées en 1849, bien qu'elles aient failli être annulées. Chopin avait demandé le Requiem de Mozart, qui nécessite des chanteuses. La Madeleine n'avait jamais autorisé de femmes dans son chœur. Après deux semaines de négociations, l'église a cédé à une condition : les femmes devaient chanter derrière un rideau de velours noir. Trois mille personnes y ont assisté malgré tout.
Avant de partir, placez-vous sur les marches du perron et regardez en bas de la rue Royale. Vous verrez la place de la Concorde, l’Assemblée nationale et le dôme des Invalides parfaitement alignés devant vous. Napoléon a conçu cet axe comme une ligne de vue impériale traversant la ville. De la propagande en pierre, et honnêtement, ça marche toujours.
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