
Vous vous trouvez à l'entrée, place Denfert-Rochereau, prêt à descendre dans l'Empire de la Mort : les Catacombes de Paris. Ce qui était autrefois un réseau de carrières de calcaire a été transformé à la fin du XVIIIe siècle en un ossuaire pour des millions de Parisiens. La surpopulation des cimetières, les épidémies et les effondrements ont rendu nécessaire le transfert massif des ossements.
Entre 1785 et 1814, les restes d'environ six millions de personnes, victimes des siècles, de la peste, de la révolution et de la pauvreté, ont été déplacés de nuit dans des wagons fermés. Sous la direction de l'inspecteur Guillaumot, puis de Louis-Étienne Héricart de Thury, les ossements ont été disposés de manière artistique : crânes, fémurs, rotules, le tout dans des murs symétriques ornés de plaques de marbre et de portes sculptées.
À partir de 1809, les Catacombes ont été ouvertes au public. On descend 131 marches pour pénétrer dans un monde souterrain fait d'ombres et de silence. Une « ligne de vie » noire tracée au plafond indique la sortie depuis le XIXe siècle. Elle servait autrefois à sauver les visiteurs égarés. Même des personnalités publiques comme le comte d'Artois ont pénétré dans ce royaume, à la recherche de sensations fortes ou de nouveauté.
Mais les Catacombes ne sont pas seulement monumentales, elles restent vivantes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les résistants de l' ont utilisé ces couloirs comme cachettes. Les « cataphiles » modernes explorent les tunnels interdits, organisent des projections de films clandestines et conduisent régulièrement les enquêteurs vers de nouvelles branches.
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