

Ce que vous voyez devant vous aujourd’hui a d’abord été une initiative purement personnelle. En 1722, Louise Françoise de Bourbon fit construire ce palais pour elle-même sur ce qui n’était alors qu’un terrain marécageux aux portes de Paris. Fille illégitime de Louis XIV et de sa célèbre maîtresse, Madame de Montespan, elle souhaitait une demeure à la hauteur de son sang royal, même si les documents officiels en disaient autrement.
La Révolution a tout changé. Lorsque l’aristocratie a fui la France, ses bibliothèques ont été confisquées, et ces livres ont fini ici. Aujourd’hui, le Palais Bourbon abrite une collection de 700 000 ouvrages, dont des manuscrits de Rousseau, les procès-verbaux du procès de Jeanne d’Arc et un manuscrit aztèque. Pas mal pour un bâtiment qui était à l’origine une résidence privée.
Puis vint 1940. Après la capitulation de la France, les forces allemandes s’emparèrent du bâtiment. Un portrait d’Hitler et un drapeau nazi flottaient dans l’hémicycle même où les députés français débattent aujourd’hui. Les sièges rouges de la République disparurent temporairement sous les symboles du Troisième Reich.
Et en parlant de pouvoir et de protocole : le président français, l’une des figures les plus puissantes d’Europe, n’a constitutionnellement pas le droit d’entrer dans ce bâtiment sans invitation officielle. La démocratie, en fin de compte, a un portier très strict.
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