

Il avait 18 ans lorsqu’il arriva pour la première fois à Paris, les yeux écarquillés et plein d’enthousiasme, venu assister à l’Exposition universelle de 1900. Il s’appelait Pablo Picasso, et cette ville allait le transformer à jamais. Peu de temps après cette première visite, son ami le plus proche, Carlos Casagemas, s’est donné la mort dans un café parisien. Le chagrin fut dévastateur. Il plongea Picasso dans ce que l’on appelle aujourd’hui sa période bleue, ces toiles obsédantes et froides, imprégnées de tristesse.
Il finit par s’installer à Montmartre, dans un immeuble délabré abritant des ateliers, appelé le Bateau-Lavoir. Vingt-cinq personnes se partageaient un seul robinet d’eau. Pas d’électricité, pas de chauffage, des latrines dans le jardin. Et pourtant, jusqu’à la fin de sa vie, Picasso considéra cet endroit comme celui où il avait été le plus heureux.
Ce contraste, entre pauvreté crue et créativité explosive, est au cœur même de ce qu’il était.
Et vous vous trouvez maintenant devant un hôtel particulier du XVIIe siècle dans le Marais, l’Hôtel Salé, qui abrite le musée Picasso. À l’intérieur, plus de 5 000 œuvres vous attendent : peintures, sculptures, céramiques, photographies. Le parcours complet d’une vie qui n’a cessé de se réinventer.
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